Les Deux Visages De L’Homme

Les Deux Visages De L’Homme

 » Deux âmes habitent hélas! ma poitrine! », s’écrie le FAUST de Goethe, « l’une veut se séparer de l’autre; l’une avec sa sensualité crue s’agrippe au monde; l’autre violamment s’élève de la poussiére vers l’au-delà de nobles ancêtres. »

L’une des deux âmes qui habitent l’homme, domine en général l’autre, l’homme sera soit attiré et fasciné par le monde phénoménal, soit il s’en arrachera de toute sa force, pour atteindre l’au-delà, le non phénoménal, le sans forme, paix de l’âme, connaît cette lutte intérieure, dans laquelle tantôt l’une, tantôt l’autre de ses deux voix prend le dessus, l’entraînant vers l’un vers l’une des deux mondes, l’y engouffrant pour le relâcher de nouveau, l’abandonnant à l’autre des deux mondes, triste, solitaire et rejeté, de sorte que l’homme ne connais pas la véritable paix et le vrai repos.

Il est poussé par ci et par là et ne trouve pas de demeure fixe, sa paix ne dure pas et il s’épuise dans son activité.

Bien avant Goethe, St Paul déjà parlait de ces deux âmes, dans son épître aux Galates; « ….la chair a des désir contraires à ceux de la chair: ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. »

Dans tout homme ou l’Esprit s’éveille, deux voix se font entendre, qui contredisent l’une l’autre et l’homme devra vite comprendre que s’il continue à suivre celle qui l’attire vers la mondanité avec ses plaisirs sensuels et ses passions,  il continue son chemin dans l’inconscience de lui même;

Tandis que s’il suivra l’autre qui est douce, silencieuse et bénigne, il saura garder la paix de l’âme.

Il est vrai que l’homme dans son ordinaire, se fermant contre les manifestations de l’Esprit ne connait point  cette lutte, il reste matérialiste jusqu’au bout, avec tout ce que cela comporte d’insécurités, la peur de la mort, les superstitions et les croyances adoptées, qui changent avec le temps.

Mais l’homme qui a déjà connu l’appel de l’au-delà et qui est plus ou moins mystique, qui connait la voix du silence, n’ignore plus le pouvoir maléfique de ses passions qui l’enchaînent au monde matériel, lui refusant l’envol de l’âme vers les régions plus « élevées,  » avec ses sensations pures et nobles, ses paix si douces ou visions extatiques, ces délices indescriptibles qui correspondent a sa véritable nature, qui elle est spirituelle et non matérielle.

Ainsi, tout en distinguant les deux grandes tendances en lui, l’homme retrouvera peu a peu sa vraie nature, que St. Paul appelle l’Esprit et il soumettra cette âme terrestre, égarée, l’induisant en erreur et lui faisant goûter les plaisir passagers et la souffrance.

San Paul dans les épître recommande de marcher selon l’ Esprit, et de ne pas accomplir les désir de la chair, qui sont: l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimités, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, l’envie, tous les excès et les choses abominables desquelles parfois les êtres sont capables dans l’oubli d’ eux mêmes.

Par contre les fruits de l’Esprit c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance…. » 

L’homme devra choisir car: ce que l’homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour l’Esprit récoltera la vie Éternelle.

Tant que l’homme ne connais pas cette lutte interne, parfois cruelle dans laquelle il a peur de se déchirer intérieurement, il restera prisonnier du royaume de l’illusion des sens et le royaume intérieur lui paraîtra  inaccessible, voire lointain et illusoire.

Heureux celui qui s’engage la lutte et ne la fuit pas, car il a compris que sa libération dépend que de lui même et rejetera ses croyances erronées en un monde cruel et fatal, en un monde sans vision de la Divinité nature Universelle.

Quand l’homme succombe aux exigences du monde matériel et  que son coeur est rempli que des passions ephémères il ne reste pas de place pour la charité et l’amour, il tombe alors dans la souffrance, les craintes et les peurs, l’inconsidération et l’égoïsme.

La où l’Esprit reprend sa vrai place, la voix de la chair s’éteint et l’homme connaît la paix intérieure et devient altruiste, bienveillante et bienfaisant, il est véridique, suffisant, aime son prochain, et l’avarice, la vanité, l’avidité non plus de place.

  • Où il y amour et sagesse

il n’y a  ni peur ni inexpérience.

  • où il y a patience et humilité

il n’y a ni colère ni excitation.

  • où il y joie,

il n’y a ni avidité ni avarice.

  • où il y calme et réflexion

il n’y a ni inquiétude ni errance.

  • où il y a charité et simplicité

il n’y a ni profusion ni dureté.

La voie de l’Esprit rend l’homme sûr de lui même et confiant, elle guide ses pas et son comportement, le menant d’émerveillement à émerveillement, jusqu’à la liberté totale.

Les écritures bouddhistes du Mahayana ésotérique portent notre attention sur la même sagesse, comme le montre une citation de la PRAJNA PARAMITA: « le vide et la forme ne doivent pas être divisés en deux: » et les paroles du Bouddha:  » le monde » tout cela est vide et le vide est tout cela ». En dehors de cela il n’y a point de vide et en dehors du vide rien de tout cela n’existe. »

« L’une veut se séparer de l’autre! », s’écrie doucereusement le Faust de Goethe; « il faut pas en faire deux! » nous avertit NAGARJUNA, l’auteur de la Prajana Paramita.

La même chose ( le monde) peut donc être vu de deux façons différentes, mais quand le point de vue égoïste domine, l’altruisme ne peut exister.En fait l’altruisme n’est  qu’une forme plus évoluée de l’égoïsme, tout comme l’égoïsme on est la déformation.

Les deux qui sont tellement différents l’un de l’autre, existent néanmoins ensemble et le sage n’ira jamais contre les craintes de l’égoïsme, mais  manifestera tacitement l’altruisme.

Mais l’homme qui craint l’égoïsme, parce qu’ il ne manifeste pas encore l’altruisme il lutte et ressent ce déchirement intérieur provenant du fait qu’ il veut éviter l’un des deux mondes pour s’établir dans l’autre, alors que les deux sont liés ensemble.

On ne peut diviser ce qui est uni et au lieu de se déchirer, l’homme peut réconcilier les deux mondes ( le » moi  » et le « toi ») dans  équilibre.

 » Telle une tête de JANUS il pouvait regarder en même temps l’au-delà et le monde terrestre et distinguer clairement leurs choses et particularités, il était ici et de l’autre côté un homme vivant. »

Pour l’homme, qui obstinément s’adonne au matérialisme, cela  ne regarde que l’une des faces de la création, la sensibilité pour ce qu’il y a « derrière » tout cela, s’éteint peu à peu, tout comme inversement, l’homme éprise de la soif de l’éternel se détournant du monde matériel, perd peu à peu le contact avec ses prochains et ruine à la longue son corps physique.

Voilà pourquoi le Bouddha enseigna, qu’ il existe deux extrêmes dont celui qui vit religieusement doit s’écarter. L’une est une vie toute abandonnée à la sensualité et à la jouissance comme but en soi, car tout cela alourdit les énergies qui permettent une croissance en conscience vers les vraies valeurs de l’Être.

L’autre une vie de macération dans l’abstinence absolue de tout plaisir et joie terrestre,

Le Tathagata dit qu’ il faut éviter ces deux extrêmes et par la il à trouvé le sentier du Milieu qui conduit à la clairvoyance, à la sagesse, à la tranquillité, au savoir, à la connaissance parfaite, au Nirvana…. » Pour trouver la paix de l’âme, il s’agit donc d’éviter les deux extrêmes, le matérialisme aveuglant qui nous noie dans l’égoïsme, et le mysticisme avec ses fantaisies et dévotion aveugle, pour trouver ce que le Bouddha appella le Noble Sentier ( ou chemin de la Perfection ) et affirma posséder:

8 branchements:

  1. Croyance droite,
  2. volonté droite,
  3. langage droite,
  4. action droite,
  5. moyen d’existence droits,
  6. effort droite,
  7. attention droit,
  8. méditation droite.

 

Le yoga c’est le chemin du grand Milieu  qui permette de faire l’expérience de la droiture dans les domaines de la vie.

Par yoga j’entends la réalisation de l’union intérieure par moyen des postures, mais aussi à travers le centre de conscience dans son coeur en union avec un mental claire et limpide.

Comme disait le Bouddha:

« Soyez votre propre flambeau  et votre propre refuge.

Prenez la vérité pour flambeau, prenez la vérité pour refuge, ne cherchez un refuge en nul autre qu’en vous même.

La vérité est toujours là, prés de nous, en nous, si nous savons nous ouvrir à elle, nous laisser pénétrer par elle et vivre avec elle, faire d’elle notre ami préféré, allié, et maître qui nous guide et accompagne et délaisser ces pensées aveuglantes que nous suggèrent des passions vaines et désir superflu.

Chacun de nous peut devenir un Janus , un homme à deux visages, éveille les vivants, qui sait concilier les opposés et vaincre les extrêmes, qui possède la paix intérieure, et est le maître de son destin.

Cet homme pour qui le bien et le mal ne sont que les deux faces d’une même chose:

Les choses sont changeantes, relatives, le bien aujourd’hui peut être le mal de demain, la vérité ne se trouve pas dans le monde mais dans le coeur de l’homme.

Quand nous sommes libres de toute attachement et rejet, quand nous sommes sans désir et peur, mais calme et tranquille, nous sommes à nouveau l’enfant de la nature.

Il n’y a pas de paix pour nous en dehors de nous, mais en nous il y la paix que nous pouvons vivre et offrir au monde, comme l’enfant libre de l’univers.

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